La mangue


Perspectives de marché 
: Le marché européen de la mangue est en progression forte et régulière sur les dix dernières années :120 000 t. en 2000, contre à peine 44 000 t. en 1993. Dans le créneau saisonnier de la Guinée (avril à juillet), le marché représente environ 40 000 t., la part de la Côte d'Ivoire étant de l'ordre de 25%, et celle des origines latino-américaines de l'ordre de 50%. Au cours des années 1995/2000, les cours de la mangue bateau ont oscillé entre 5 et 12 FRF. Le minimum de 5 FRF est considéré comme un seuil en-deçà duquel les exportations ne sont plus rentables, particulièrement pour les pays d'Amérique latine, qui subissent des coûts de transport élevés.
Le marché de la mangue avion représente un potentiel de l’ordre de 12 000 t.. De mars à juillet, les mangues avion proviennent essentiellement de Côte d’Ivoire et du Mali, le Sénégal prenant le relais de juillet à fin août. Le Brésil et le Mexique, les principaux fournisseurs du marché européen, expédient quant à eux toute l’année. Les prix de la mangue avion se situent entre 13 et 20 FF/ Kg, le seuil de rentabilité étant de l'ordre de 12 FF/ Kg.
Perspectives d’accroissement de la production en Guinée et positionnement par rapport à la concurrence : La plantation massive de nouveaux vergers n'est pas une priorité pour atteindre un objectif d'exportation de l'ordre de 10 000 T d’ici 5 à 10 ans.  En revanche, une amélioration de l'entretien apparaît nécessaire pour garantir un approvisionnement de qualité. Ainsi des mesures simples et peu coûteuses devraient permettre d'accroître de manière significative les rendements exportables et de limiter les risques de qualité (y compris la mouche). Une fois atteint le seuil d'une dizaine de milliers de tonnes, la plantation de nouveaux vergers sera nécessaire pour poursuivre la progression des exportations, tout en garantissant un approvisionnement régulier et exempt de problèmes phytosanitaires. Les atouts de la Guinée vis à vis de la Côte d’Ivoire, sont :

Comme pour l’ananas, la compétitivité est principalement liée au coût du transport maritime.


conditions logistiques pour atteindre les potentialités de marché 
Les coûts de collecte : à court terme, courant 2002, la mise en service de la station de conditionnement de Kankan, devrait ramener le coût de la collecte au niveau de celui de Kindia.
Le dispositif de conditionnement : le probable transfert sur Kindia de la station de SIPEF, (Fandié) devrait améliorer la performance logistique et réduire les coûts.
La logistique aérienne : à moyen terme (horizon 3 – 5 ans), la filière mangue pourrait s’orienter vers le développement d’un flux logistique aérien en sortie de Kankan. La qualité des fruits le justifie. (coloration naturelle de la variété Amélie). Le développement d’un deuxième fruit d’exportation (melon,..) sur la région permettrait de rentabiliser de façon durable une opération « charter aérien ». Les opérateurs miniers de la région de Siguiri pourraient assurer le remplissage import. La filière gagnerait environ 3,50 FF/kg ainsi que le coût du transport d’approche sur Conakry.
La logistique maritime : sur la base d’un TC 40’ chargé à 20 t., le surcoût au kilo de mangue est de 10 cents (200 FGN) . Les solutions possibles ont déjà été évoquées.
En conclusion, et sous réserve (i) d’une normalisation des coûts de mise à CAF, (ii) de l’optimisation de ses coûts de production (limiter les surcoûts liés aux déchets) et (iii) d’une amélioration qualitative sensible, la Guinée peut tirer profit de la croissance actuelle du marché européen et afficher un objectif d’exportations de mangues de 5 000 t. d’ici 2005 et de 10 000 t. à horizon 2010.

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