Commemoration évènement janvier - fevrier 2007
Le gouvernement a boudé ! |
Le 22 janvier dernier, les Associations de jeunes ont commémoré le premier anniversaire des tueries de janvier et fevrier 2007. Sur l’esplanade du Palais du Peuple. Ni le Premier Ministre Lansana Kouyaté, ni le moindre membre de son gouvernement n’ont assisté à la cérémonie.
En revanche, l’on a noté la présence de M. Aboubacar Somparé, Président de l’Assemblée Nationale, M. Malick Sankon, Gouverneur de la ville de Conakry, Ben Sékou Sylla (CNOSCG), des ambassadeurs, des représentants d’institutions internationales et des membres des syndicats et des confessions religieuses.
Prévue à 9h, la cérémonie a démarré vers midi. Le Président de l’Association «Vérite et justice», M Lama Bangoura, explique: «Il a fallu supplier le Président de l’Assemblée nationale afin qu’il assiste à cet évènement. Le Premier Ministre, Lansana Kouyaté, avait aussi promis de venir. Mais personne n’a vu son ombre». Sous un soleil ardent, en T-shirts blancs avec l’inscription rouge sang: «Plus jamais ça!», les jeunes ont commémoré l’événement. «Il y a un an, à la même période, nos frères ont été tués à travers tout le pays. Parce qu’ils ont tout simplement voulu exprimer leur position, leur volonté de changement»,
a déclaré Lama Bangoura. Pour Mamadou Bobo Barry, de l’Amicale des Amis et Parents des Victimes, « la commémoration de nos martyrs du 22 janvier est l’hommage de tout un peuple aux intrépides combattants de la liberté et de la paix. Notre devoir est de témoigner aux victimes et à leurs familles notre solidarité et notre compassion, et d’aller à la conquête du pardon.»
Le Président de l’Assemblée Nationale a demandé à M. Ali Nouhoun Diallo, ancien président du parlement de la CEDEAO, de s’exprimer à sa place. M.Diallo a indiqué que la Guinée est engagée à instaurer un Etat de droit et doit veiller à ce que désormais les soldats ne retournent plus les armes contre des manifestants. «La Guinée, a ajouté M. Diallo, un rien lyrique , se reconcilie avec elle-même. Elle deviendra ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, un havre de paix. Ainsi, elle sera un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest».
L’ anniversaire n’a pas plu à tout le monde. Les principaux concernés n’en ont pas été les initiateurs. M. Mamadou Diallo, vice coordinateur de l’Association des jeunes de Simbaya pour l’Unité et le Developpement, déplore. «Nos martyrs ont été trahis. Ce ne sont
pas ceux qui ont marché le 22 janvier dernier qui sont là. Ceux qui ont marché l’année dernière étaient pour la plupart issus des quartiers défavorisés de Conakry. C’étaient des pauvres, des analphabètes». Pour Mamadou Diallo, les jeunes sont à la base de cette cérémonie. Certains n’hésitent pas à chercher à s’enrichir, sur le dos des victimes des évènements de janvier et février 2007. La cérémonie s’est achevée par le dépôt d’une gerbe de fleurs par Elhadj Aboubacar Somparé, au pied de l’obélisque du Palais du Peuple.
Nima Barry |
ACTION ET ACTION L'education change le monde
Entretien avec M. Baba Diané Responsable du Partenariat Aide et Action et la DNFPPP |
M. Baba Diané est Administrateur scolaire, chef de la division formation initiale à la
Direction Nationale de la Formation Professionnelle et du Perfectionnement
des Personnels(DNFPPP) du Ministère de l'Education Nationale et de la Recherche Scientifique. Il est Responsable du partenariat Aide et Action-DNFPPP.
La Lance: Les activités de Aide & Action sont financées par le biais du parrainage et du marrainage. Avez-vous un appel à lancer aux Guinéens qui peuvent vraiment parrainer ou marrainer des enfants ici, parce qu’il y en a ?
Dr Baba Diané: Je crois que oui. Ce que je pourrais demander c’est vraiment un accompagnement. Si Aide & Action a été amenée à s’investir auprès des communautés, c’est que Aide & Action a constaté que les communautés, malgré leur bonne volonté manquent souvent de ressource. Mais déjà la dynamique communautaire que Aide & Action supporte ou soutient est assez intéressante en la matière. Et ce que je voudrais demander à tout le monde, à la population guinéenne, c’est vraiment de faire en sorte que ces communautés à la base soient appuyées comme le ferait Aide & Action. Comme vous le dites si bien, Aide & Action a jeté les bases, mais il ne faudrait pas que lorsque par exemple le programme Aide & Action va se terminer, il ne faudrait pas que l’on abandonne les acquis importants qui ont été capitalisés. Nous avons besoin vraiment de capitaliser ces acquis pour le plus grand bien de l’éducation en République de Guinée. Et c’est pour
cela que j’exhorte les bonnes volontés, les personnes ressources, les
partenaires, d’autres partenaires à vraiment soutenir les bonnes actions commencées par l’ONG Aide & Action. Pour une certaine pérennité de toutes les interventions.
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Criminalité
Un cadavre au port de Conakry |
Le corps de Amara Sylla, 25 ans, a été retrouvé tôt, le matin du lundi 14 janvier, au port autonome de
Conakry. Il gisait dans son sang. Vers 12h30, la famille de la victime est venue recueillir le cadavre.
Son ami, Youssouf Yansané n’en revient pas: «Amara et moi, nous nous débrouillions, ici en tant que contractuels. Nous avons travaillé la nuit et nous nous sommes séparés vers 6h pour la maison. Des amis m’ont informé vers 7h. J’ai du mal à comprendre. Ce n’est pas dans ses habitudes de se disputer. Le visage était ébouriffé, le corps couvert de marques de coups, Amara a certainement été agressé !» Témoignage de Aboubacar Sylla, frère de la victime : «Je suis venu dès que j’ai pu. J’étais à Enta-Nord où je travaille lorsqu’on m’a appelé pour me dire qu’on a retrouvé le corps de mon frère.A 12h, il n’y avait eu encore personne pour sortir le cadavre de mon frère de l’eau. Avant d’être jeté là, on constate qu’il a été frappé à coups de pierres. La police, la BRB (brigade de répression des bandits), la gendarmerie sont venues, elles sont reparties sans rien faire. Les responsables du port nous on demandé d’envoyer le cadavre à l’hôpital pour enquête et à nos propres frais. Vu la conjoncture, nous ne
pouvons pas couvrir les frais. Alors, la famille va l’enterrer. Dieu est grand et va juger cet acte odieux». C’est à bord d’une camionnette frigorifique que Amara et sa famille ont quitté le port, sans autopsie et sans enquête. On parle de rituel macabre avec ces cadavres çà et là dans la capitale.
Cherif Papus Gono |
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Un autre à dabompa |
Vendredi 11 janvier, 16h30, un cadavre est découvert à Dabompa (Matoto) dans le Secteur Dispensaire par M. Mohamed Camara chef du secteur. Il s’agit du corps de Yamoussa Camara, alias «Don Soumah», 35 ans, laveur de voitures. «J’ai été informé, témoigne le chef secteur, par Yamoussa Camara «Ponga», qu’un cadavre se trouve entre Dabompa et Lansanaya-ville, à côté du dépôt d’ordures. Je me suis tout de suite rendu sur les lieux, ainsi que le chef de quartier M. Alkaly Sacko et adjoints. M. Amara Camara, commissaire de la police centrale de Matoto a constaté que la victime a été torturée. Un collègue de travail de la victime, Mohamed Camara, a confié: «J’ai quitté Don Soumah hier à 17 h. C’était un sans domicile fixe. Il était un débile mental, faisait beaucoup rire, mais il ne volait pas.»
D’après Dr. Alpha Abdoulaye Bah médecin légal à l’hôpital Ignace Deen, le corps portait des brûlures sur tout le dos, le nez était contus.
L’inspecteur Mangué de la brigade anti-criminelle s’occupe des enquêtes.
Mabinty Ismaël Sylla |
| Un autre à kaporo-rails |
Aux alentours de 2h, le 2 janvier, à Kaporo-rails (secteur Démoudoula, dans la commune de
Ratoma), un cadavre a été découvert. Des jeunes rentraient d’une soirée dansante quand ils ont vu le corps devant leur concession. Pris de panique, ils ont couru informer le chef secteur qui a alerté les responsables du quartier qui ont attendu le lever du jour pour toucher la police.
A 14h, les agents de la CMIS ont constaté un œil abîmé. La victime, une femme en grossesse n’est pas connue dans le quartier. Aucune trace de balle sur le corps. Le cadavre a été transporté par la police à la morgue de Donka. Il y a moins de deux mois, un macchabée avait été retrouvé à Dar-es-salam. Une semaine auparavant une jeune fille violée puis assassinée dans le même quartier. Rappelons-nous aussi Mamadou Samoura, 18 ans, gisant sans vie à Sonfonia gare, près des rails là où se coupent la Route le Prince et la T6. Tout cela dans la commune de Ratoma. Tous crimes demeurés sans suite, les assassins courant toujours.
Kady Touré |
| Ratoma Dispensaire Un corps non identifié |
Le 23 décembre, le corps d’un jeune homme a été retrouvé dans un ravin au secteur 4 du quartier Ratoma Dispensaire. L’inconnu affichait les 35 ans . Il portait un pantalon sombre, une chemise multicolore et des chaussures fermées. Étalé sur le dos, il n’y avait aucune pièce d’identité sur lui. Aucune trace de sang, encore moins de contusions sur le corps. Cependant, la trace de boue sur le sol sur une distance de 10 mètres et sur sa chemise laisse croire que l’ inconnu a été assassiné avant d’être traîné jusqu’à ce lieu. L’autorité du quartier a saisi la police qui, à son tour, s’est dépêchée sur le lieu. Les populations ont fait de n ombreux va et viens pour chercher à l’identifier. Elles ont toutefois souligné que des attaques à mains armées sont fréquentes dans le coin. En tout cas, ce 23 décembre aux environs de 4 h du matin, les populations ont soutenu avoir entendu des tirs de rafales. Le corps a été transporté dans un hôpital de la place.
Maimouna Bah
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