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Troisième réunion préparatoire du Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI)

La Guinée est elle prête à rentrer dans l'ère de la Société de l'Information ?
La Guinée sera t-elle au rendez vous au cours duquel sera évalué le chemin parcouru par la mise en œuvre de la déclaration de principe et du plan d'action de Genève 2003 ?

Voici des questions pertinentes que nous devrions nous poser à l'approche de la 3ème réunion préparatoire (du 19 au 30/09/2005 à Genève), de la 2ème phase du Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) qui aura lieu à Tunis du 16 au 18 novembre 2005, comme évènement des Nations Unies consacré aux dimensions humaines des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC).

Le but de ce sommet étant de relever les défis posés par la révolution de l'information et de réduire le fossé numérique entre pays du Nord et du Sud, il se tient en deux phases :

  1. Phase de Genève, du 10 au 12 décembre 2003
  2. Phase de Tunis, du 16 au 18 novembre 2005
Lors de sa première phase, une déclaration de principe et un plan d'action ont été adoptés par les participants. La 2ème phase appelée phase des solutions consiste à montrer et consolider des actions mise en œuvre et les résultats réalisés par les différents pays.
M. Alpha Amadou BAH  Coodinateur du projet SIAG (Système d'Information de l'Administration Guinéenne)


C'est un sommet qui n'est pas comme les autres, il est inclusif et reflète non seulement les mutations du monde moderne, mais aussi la mise à niveau des pays en développement, il offre les moyens de concrétiser un grand nombre des aspirations du monde, notamment celles énoncées dans les Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD)

L'objectif principal est d'approfondir les débats, avec la participation de toute les parties concernées autour des questions inscrites à l'ordre du jour, notamment celles relatives à : la gouvernance de l'Internet, aux mécanismes de financement, et à la mise en œuvre. Outre ces questions, des réunions thématiques régionales sont organisés au niveau des cinq régions du monde, pour permettre de définir les approches du sommet sur ces questions et diverses autres telles que la législation, l'information scientifique, l'administration, le commerce électronique, les implications économiques et sociales, la mesure de la société de l'information, etc.

La position africaine adoptée lors de sa réunion régionale, tenue à Accra du 2 au 4 février 2005, recommandait un Système Internationale de Gouvernance Internet participatif, qui devrait se traduire concrètement par : la réduction des coûts de connexion à Internet ; l'accessibilités aux équipements et aux logiciels ; la gestion régionale du système de serveur racine ; la gestion nationale du nom de domaine pays (ccTLDs). Le consensus dégagé par les acteurs africains reste la nécessité de créer une nouvelle institution susceptible non seulement de servir comme forum de discussion multi-acteurs, mais aussi des politiques de manière participative. Tous les pays du monde se sont mis à l'ère de l'Internet faisant de cette commodité un bien universel.

La communauté africaine de la société de l'information repose sur les principes et engagements d'Accra a savoir que :

  • la mise en place de la société de l'information nécessite la participation de tous les acteurs y compris les Gouvernements, le secteur privé, la société civile, les organisations de l'ONU, les organisations régionales et internationales ;
  • la mise en place de la société de l'information et des savoirs partagés doit faciliter l'atteinte des objectifs de développement du millénaire pour améliorer la qualité de la vie et éradiquer la pauvreté en créant des opportunités d'accès d'utilisation et de partage du savoir :
  • la mise en place de la société de l'information doit prendre en compte les orientations de développement et les besoins spécifiques des pays ;
  • une attention particulière doit être accorder à la formation et au développement des ressources humaines, notamment celles des fonctionnaires, enseignants, élèves et étudiants pour stimuler le développement du contenu et des infrastructures afin de faciliter l'émergence d'une industrie des services basée sur les TIC ;
  • une attention et un soutien accrus doivent êtres accorder au développement des ressources humaines et l'éducation pour la société de l'information avec un accent particulier sur la jeunesse et les femmes.
  • Les pays africains demandent d'appuyer le fonds de solidarité numérique qui compléterait les autres mécanismes de financement de la société de l'information.

La première phase du sommet a créé une vision et un plan d'action communs sur la façons de faire face au nouveau défi de la société de l'information, particulièrement en identifiant les moyens de lutte contre le fossé numérique. Ces moyens, ont été identifiés et proposés sous forme d'objectifs résumes en dix (10) questionnaires pour évaluer le niveau actuel de pénétration et de la mise en œuvre dans les pays en développement. Le résultat de cette évaluation devrait permettre d'établir une feuille de route pour la réalisation du plan d'action dans tous les pays d'ici 2015.

Les recommandations du plan d'action sont entre autres :

  • de faire entrer les citoyens (Communautés villageoises, Communes, Régions et Gouvernorats), foyers, entreprises, écoles et administrations dans l'ère du numérique et leur donner un accès en ligne ;
  • d'introduire la culture du numérique soutenue par un esprit d'entreprise favorable aux financements et aux développement de nouvelles idées ;
  • veiller à ce que l'ensemble de ce processus ait une vocation d'intégration sociale, qui gagne la confiance du consommateur et renforce la cohésion sociale.
La question du financement des TIC au service du développement devrait être envisagée au regard de l'importance croissante que ces technologies prennent à la fois comme vecteur de la communication et des échanges susceptible de favoriser l'édification d'une société de l'information et comme catalyseur du développement capable de contribuer à la concrétisation des objectifs énoncés dans la Déclaration du Millénaire.

Compte tenu de la complexité des mécanismes existants, privés ou publics, qui assurent le financement des TIC dans les pays en développement et des difficultés que rencontre ces pays qui se voient obligés de choisir entre un grand nombre d'objectifs, des innovations ont été proposées  et acceptées: comme la création d'un Fonds de solidarité numérique qui vient en complément.

La situation actuelle de notre pays par rapport à la pénétration des TIC n'est pas très encourageante, en effet il est remarquable de constater:
  • Le manque de mesure d'incitation à la promotion du commerce électronique des cybers centres et des centres d'accès communautaires;
  • L'inexistence des télé enseignements (enseignement à distance) : e -training ;
  • L'absence de la télémédecine : e-health ;
  • L'inexistence d'interconnexion et d'interopérabilité des infrastructures et des services ;
  • Le manque de développement des contenus, de sites Internet d'information et de publications et des services multimédias interactifs ;
  • La numérisation inexistante de la chaîne de production et de diffusion.
  • L'absence d'un cadre d'échange et de concertation entre l'Administration, le Secteur Privé et la Société Civile  ;
  • L'absence d'un cadre juridique et institutionnel adapté à la nouvelle donne de la société de l'information et équitable pour tous les acteurs ;
  • L'inexistence institutionnelle d'une commission nationale des TIC légalisée ;
  • L'inexistence d'une Autorité de Régulation autonome et indépendante.
Que pouvons nous présenter à Tunis en 2005 lors des ateliers de mise en place de la feuille de route du SMSI, lorsque nos infrastructures de l'information et de la communication sont vétustes, et sont incapables aujourd'hui de répondre à l'émergence des besoins de la société de l'information, l'état des lieux fait apparaître :

Une télé densité la plus faible de la sous région avec une couverture de 0,3% pour le téléphone fixe et de 1,7 % pour le mobile et une performance beaucoup en dessous de la moyenne;
  • Une connexion Internet des plus faibles du monde faute d'infrastructure télécoms adéquates comme : les réseaux ADSL et/ou à fibre optique ;
  • Un dimensionnement inadapté des nœuds d'Internet des acteurs en présence, le coût du matériel, les tarifs douaniers font en sorte que les coûts des abonnements sont élevés et l'accès des populations rurales très faible ou même inexistante;
  • une capacité limitée des réseaux FH pour l'infrastructure Radio -TV ;
  • une concertation insuffisante ou inexistante avec les états voisins, pour les échanges d'expériences et d'interconnexions dans le réseau continental à fibre optique ;
  • L'insuffisance ou l'inexistence d'un réseau Intergouvernemental d'échange de voix, de données et de travail collaboratif.
  • L'inexistence d'un portail représentatif du gouvernement de la république pour informer, expliquer et vendre l'image de marque du pays, pour la promotion des secteurs de production et du tourisme.
Les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) offrent une synergie au développement économique et social, elles constituent un support essentiel d'accélération du rythme de la croissance économique, de revalorisation des ressources humaines et d'incitation aux investissements privés. Puissant levier de développement, les TIC peuvent aider valablement à soutenir la création de richesse et résorber les inégalités économiques et sociales.

Il est évident aujourd'hui que l'ère de l'information est porteuse de multiples promesses, mais elle pose de nombreux défis que chaque pays doit relever pour prospérer dans l'économie du savoir. Le niveau et qualité de la vie de ses habitants dépendent directement de sa capacité d'apprendre d'innover, d'anticiper les évolutions et de s'adapter.

Il nous appartient donc d'adopter une démarche de veille active favorable à l'essor des TIC dans notre pays pour :
  • permettre à chaque écolier, village, service public et entreprises d'avoir accès aux ressources de l'information ;
  • Favoriser l'émergence et la vulgarisation des TIC dans le pays ;
  • Développer les infrastructures de base pour améliorer la connectivité
  • Valoriser les ressources humaines dans tous les secteurs
  • Mobiliser les investissements pour la mise en œuvre des plans d'action
  • Développer le concept d'entreprise et le concept de guichet unique, au sein de l'administration ;
  • Améliorer les recettes de l'état par la modernisation, l'automatisation et le travail collaboratif dans les grands registres de l'Etat (finances douanes impôts cadastres et fiscales).
Les choix stratégiques pourraient êtres : de définir les besoins et attentes des populations cibles ; d'identifier les TIC susceptibles de répondre aux besoins et attentes des acteurs ; de définir les axes de partenariat ; de définir les axes d'intervention pour les cibles choisies et de mettre en place un cadre de concertation et d'évaluation pour l'exécution coordonnée des actions (Equipe projet, Comité de pilotage).

En effet les TICs sont des ressources transversales, catalyseur de créativité, facteur de croissance. Elles développent la performance et la citoyenneté en permettant de travailler, de communiquer, de décider, et d'échanger des informations de partout en temps réel. C'est tout simplement l'outil qui nous permet de construire notre futur sans frontières, avec l'émergence d'un pays moderne où l'éducation, l'information et le savoir sont à la base du développement économique et social.
 

Alpha Amadou BAH
Coordinateur du Projet e-gouvenement à la Primature 
e-mail : albah@afribone.net.gn

 
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