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Education Guinéenne vue par l'UNESCO

Les données de l'enseignement primaire sont structurées dans une base de données dédiée à ce niveau d'enseignement. La modélisation des données est relativement complète mais figée. En particulier, il n'est pas possible de faire coexister plusieurs chaînes d'identification pour une même école (exemple : chaîne administrative provenant du découpage de l'Administration territoriale tels les préfectures, ou la chaîne pédagogique liée au ministère de l'éducation nationale). Par ailleurs la base de données n'est pas pluriannuelle, rendant difficile la production d'indicateurs utilisant des données sur

plusieurs années. Bien que limitée, cette structuration permet toutefois la production d'indicateurs cohérents. L'édition des états synthétiques issus de cette base n'est pas complètement automatisée et entraîne une intervention manuelle importante.

Pour l'enseignement secondaire général la modélisation des données est moins avancée. Sa restructuration semble nécessaire pour aboutir à terme à un modèle conceptuel unique au sein du MEPU-EC.

Les opérations de saisie tant pour le primaire que pour le secondaire général ne sont pas suffisamment déconcentrées et n'impliquent pas suffisamment les cadres nationaux; la déconcentration de ces opérations constitue pourtant un catalyseur fort pour l'amélioration de la qualité des données et une meilleure appropriation de la chaîne statistique par les cadres régionaux. Ces opérations n'existent pas pour les autres niveaux d'enseignement.

Globalement, pour l'enseignement primaire, la production des indicateurs EPT est assurée, à l'exception de ceux relatifs aux dépenses de l'éducation. Pour l'enseignement secondaire général la production d'indicateurs fiables est limitée.

Pour les autres ordres d'enseignement elle est quasiment inexistante.

La dissémination et l'utilisation des statistiques de l'éducation

La diffusion des résultats statistiques issus des collectes annuelles ne concerne que les enseignements primaire et secondaire général qui sont les seuls niveaux où existe une chaîne de production régulière des données organisée. Pour ces niveaux d'enseignement cette diffusion se fait essentiellement sous forme d'annuaires et de dépliants synthétiques.

Cette diffusion n'atteint jamais le niveau de l'établissement, même pour l'enseignement secondaire, les directeurs d'établissement étant pourtant les acteurs principaux d'un pilotage déconcentré du système éducatif.

La disponibilité effective des résultats statistiques, c'est à dire la publication et la diffusion, n'est jamais assurée avant la fin de l'année scolaire. Ces retards rendent obsolètes ces résultats pour la préparation de l'année scolaire suivante.

Diagnostic de la chaîne de production des données dans le secteur éducatif en Guinée

D'une manière générale, la culture statistique est peu implantée dans les départements ministériels en charge de l'éducation en Guinée. L'utilisation des données brute publiées et la production d'études ou analyses transversales sont peu courantes.

D'une manière générale, une politique de dissémination des indicateurs et données statistiques doit être mise en place. Cette politique, doit s'accompagner d'une vaste campagne de sensibilisation/formation à l'utilisation de ces outils en direction de l'ensemble des acteurs de l'éducation.

Les données secondaires ou exogènes ne sont pas ou très peu utilisées. En particulier les enquêtes ménages sont inexploitées par les départements en charge de l'éducation ; ces données s'avèrent pourtant essentielles dans l'analyse de la demande éducative.

Les données démographiques sont mal maîtrisées et en particulier les modélisations liées aux projections inter-censitaires créant des écarts quelquefois significatifs entre des indicateurs tels : le taux de scolarité, le taux d'admission calculés avec les données de projection de la Division de Population des Nations Unies et ceux calculés au niveau national.

Conclusion

L'accessibilité des données et des résultats statistiques est faible et rend donc aléatoire les possibilités de pilotage déconcentré du système éducatif guinéen. En ce qui concerne les enseignements primaire et secondaire général, la fiabilité et la pertinence des résultats statistiques sont bonnes pour l'ensemble des aspects quantitatifs liés aux élèves et aux enseignants, mais insuffisantes pour les infrastructures, les dépenses de l'éducation et les données démographiques

Une coordination des chaînes statistiques des différents ordres d'enseignement est indispensable pour atteindre une approche systémique avec les outils de pilotage du système éducatif guinéen. Elle pourrait se fédérer autour des méthodes et outils mis en place au MEPU-EC. Cela ne sera possible que si tous les acteurs l'éducation sont mpliqués à tous les niveaux administratifs dans des actions de responsabilisation mais aussi de sensibilisation et de formation.

Concernant les conditions préalables à la qualité des données, bien qu'en général l'environnement juridique et institutionnel existe, les ressources en personnel, financière et informatique sont insuffisantes et ne suffisent pas à l'exécution efficace des taches requises.

Source "Institut de Statistique de l'UNESCO (ISU) "

Conakry, Novembre 2003

 

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